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  • La Penthaire, 1531
  • Les Epistres veneriennes, 1532

La .xv. epistreEpistre enuoyeenvoyéeẽuoyeeenvoyée par Mercure aà IupiterJupiter contenãtcontenantcontenant aduertissemẽtadvertissementaduertissementadvertissement du banquetbancquet faitfaict aux nopces du seigneurseigñrseigneur de Ipsi de sa fẽmefemme ma damoyselle de TinteuilleTinteville.

f. Fiii v°
DIeuDieu iupiterJupiter/, pouoirpovoir altitonant
Soubz qui le monde en to t ẽpstout tempstout tẽpstemps va tournãttournant
Mercure tienLe tien mercure/, etton messagier celestehonneste
Presentement tescript/, et admonneste
f. xxiii r°
5Ou sont les dieuxdieulx/, tous lesquieulx lautre iourjour
Tu demandoysdemandoye pour faire au ciel seioursejour.
Saiche de vray quauiourdhuyaujourd’huy les querant
IeJe suis venu ainsi qungqu’ungquung requerant
Qui a perdu son mouuementmouvementmouementmovement habille
10AÀ vngung chasteau quon nomme dinteuilleDinteville
Ou iayj’ay trouuetrouvé plus belle compaignie
Que ieje ne viz auecqavecq toy en ma vie
Premierement ieje trouuaytrouvay a escullusAescullusAesculus.
Qui delaissedelaissé auoitavoit ses vieulx palus
15Pour sen venir y seruirservir de portier
Lequel me fut amy si fort entier
Que de bon cueur mabandonnaabendonna lentreeentréelautre.
f. Fiiii r°
Quant fuz dedans Venus iayjay rencontreerencontréeVenus.
Si cest Venus ieje nen suis pas bien seur
20Si ce nest elle/, orieje croy que soyt sa seur
En portexcellance de corps/, et de begnin et de visaige
IeJe nenvizn’en viznen viz oncqueoncques en maintien de plus saige
Qui fut pourquoy la iejela cause parquoy la mescongnuz
Car plus lubriquelubricque est madame venusVenus.
25AÀ ceste cy pour salutation
Dung doulx baiser ieje fiz oblation
(Amyable est et doulce la praticque)
Ainsi que faict la noblesse gallicque.
Ceste ieje passe et rencontre/, ieje rencontray PallasPalas.
30Qui me remist quelque peu en soulas
Par son parler suauesuave/, et resolut
Treshumblement ieje luy donnay salut
(Non le pareil dont elletel peult estre quelle en est bien capable)
Au costecosté delle Echo deesse affableEcho.
35Entretenoit Cybelles ta grant mereCybelCybelles.
IeJe te prometz (dire nest de commere)
Que bien monstroientmonstroyent ces quatre aà leur maintien
Que leur naissance emanoitprocreesprocréées elles estoyent du sang tien.
Mon œil ij’esquarte/, etieje suis mon aduentureadventure
f. xxiii v°
40Et tant auantavant en ce lieu lmon auentureaventureaduentureadventure
Que proprement sur vneune cheut ma veue
Sur toute belletoutes belles et de grace pourueuepourveue
Cestoitestoyt EbesEbès de ieunessejeunesse deessedeessesEbesÉbés.
Qui maintenoit vneune bande en liesselyesse
45Desquieulx estoitestoyt NarcisusNarcissus/, PalenonPalemonpalemonNarciNarcissus. palemõPalemon.
Ganimedes/, et Branchus/, cese dit onGaniGanimedes. Branchus.
Hyacinthus y fut/, qui par baslerHyacinthus.
AÀ mains pour lorsmainte bouche causa de luy parler
f. Fiiii v°
Castor le doulx/, et le bel SpurinaCastor. spurinaSpurina.
50AÀ ce propos tout le soir ne fina
De voltigerfaire voltes/, et faire milletreshabilles tours
Pour obtenir contantement damours.
Dieu tout puissant que fault il que te dye
Pan estoitestoyt la auecqavecq sa challemyePan.
55Et SiluanusSilvanus/, qui de leurs doulx auboysSiluanusSilvanus.
Faisoyent sonner les valleesvallées et les boys
Le dieu SatyreLes dieux Satires auecquesavecques sesleurs doulcinesSatiry.
FaisoitFaisoyent dancer ces tandrettestandretes popines
Dame CeresCerès/, et Flora lodoranteCeres. Flora.
60Thetis la riche et tant bien aduenanteadvenantethetisThetis.
Que Peleus en deuintdevint seruiteurserviteurPeleus.
Leur beau dancer inuitoitinvitoit tout bon cueur
Se mettre auantavant/, ne regarder le tardtart
Pour de leur ioyejoye/, et plaisir auoiravoir part
65Le vieil Saturne auoitavoitprenoit tresgrant liesseSaturne.
AÀ regarder Pomona la deessePomona.
Ses petis piedz par mesure conduyreconduire
Si iolymentjolymentiollymentjollyment/, quon lalen veoit soubzrire
Contre leffect de sa propre nature
70Car de tristesse a prins sa geniture.
Icy ne veulx estre tant sollitaire
Mon geniteur/, que de troys seigneurs taire
Lesquieulx ieje viz celuy iourjour triumfler
Et leur haultesse etpar cy et la ronfler
f. xxiiii r°
75Par tel moyenEn telle sorte quon noyoit autre chose
Fort exstimer/ le bien qui en eulx repose.
Ces trois icy sont de ton sang yssus
Long temps y a que par toy ieje le sceus
Quant me faisoyefaisoys louableslouable propos deulx
f. Fv r°
80IeJe nen viz oncqoncques de plus aduantageulxadvantageulxaduentaigeulxadventaigeulx
Dhonnestetehonnesteté, /, humblessebeaultebeaulté /, et bonne grace
Car chascun deulx tout homme en cella passe
Ton georgeGeorgegeorges y fut surnommesurnommé de crequiCrequiMonsieur gorgesGeorges de crequiCrequi.
AutrementAultrement dit seigneur de rissayRissay/, qui
85En biens humainstoutes choses ne treuuetreuve son semblable
Il est begnin/, gracieulx/, amyable
Les cueurs des genshommes tire aà luy tellement
Que faictfait le fer le scopule daymantdamant
Chascun le suitsuyt/, chascun pretend le suiuresuivresuyuresuyvre
90Tant est amene en sa faconfaçon de viurevivre
Les autresaultres deulx par aucunsaulcuns de leur train
De tinteuilleTintevilleTinteuilleTinteville et de chasteau villainVillainMessieurs de chasteauChasteau Villain &et de tinteuilleTinteville.
IJ’oys nommer les maistres et seigneurs
Qui furent lors de leur bien enseigneurs
95Car en leurs faitzactes triumpherent si fort
Quaulx assistans firent tresgrant confort.
Que diray ieje mon pere tout puissant
De ce bancquet amene/, et florissant ?
AÀ quoy feray si prolixe escripture
100La /, ou les dieuxdieulx lhumaine creature
MaistreMeslée estoitEstoyt mesleemeslée/, chascun prenoit plaisance
AÀ deschasser/, et bannir desplaisance
IeJe ne te ditz auecquesavecques ces plaisirs
La suffisance auxdes celestescellestes desirs
105La friandise enmullitudemultitude des viandes et metz
Dont les pareilzDesquieulx semblables ieje nauoysavoys veu iamaisjamais
Ton amb rositeambrosieAmbrosye/, etton nectaricque boireAmbrosya. Nectar.
Nont pas en eulx/,En eulx ne tiennent en doulceur si grant gloire
Les tiens conuisconviscomuiscomvis ne sont tant opulans
f. xxiiii v°
110Comme ieje viz ceulx cy estre excellans.
f. Fv v°
La Genius donna bien congnoissanceGeniꝰGenius.
Que son effect estoit de grant puissance
Car amast fist de tant de venaison
Quelle couroit par toute la maison
115En si grant grace/, et copiositecopiosité
Quil nest possible estre cy reciterecité
Ops la desse et les dames BachidesOps. Bachides.
AuoyentAvoyent les fruitzfruytz des iardinsjardins/ HesperidesHesperides/.
Si largement apportez aà ste feste
120Que cestoit cas plus merueilleuxmerveilleux que honneste
Suffisamment le bancquet PilonuspilomꝰPilomus.
Mist en honneur/, aussi fist VulcanusVulcanus.
Qui aux bombans de son artillerie
Fist des cailloux/, et pouldre boucherie
125Pour estonner de ces coups merueilleuxmerveilleux
Le dieu mauorsMavors dont il estoit ialeuxjaleuxialleuxjalleux.
De sis’y trouuertrouver Bacchus ne faillit pasBachꝰBachus.
Mais fut iolyjolyiollyjolly en ces diuinsdivins repas
Et Silenus auecquesavecques sa bouteilleSilenꝰSilenus.
130AÀ son desbyredesboiredesboyre haulser fistfist crouller mainte oreille.
IeJe ne ditz rien de specificitespecificitéspeciositespeciositéSpeciositas.
Qui estoit la auecquesavecques ameniteamenitéAmenitan.
EntretenantEntretenantes la predictesusdicte VenusVenus.
Pour qui les dieux estoientestoyent du ciel venus
135Et qui ce iourjour espousoit le dieu Marsmars.Mars.
IeJe ne dis rien dor et dargent les mars
Qui les buffetz et tables decoroyentPuclritudoPulcritudo.
Les vestemens qui les corps honnoroyenthonnoryenthonnoroyent
Des assistans si oppulantement
140Que ne pourroyspourroye le narrer bonnement.
IeJe ne ditz rien de madame beaultebeaultégeaultebeaulté
De foy/, honneur/, doulceur /, et loyaulteloyaultéFides. Honos. Dulcedo. Fidelitas.
f. Fvi r°
Qui faisoyentfaisoentfaisoient part de leurs graces exquises
Aux gentilz cueurshommes ( / , dont elles estoient requises)
f. xxv r°
145IeJe ne te ditz les farces/, les morisques
Les tours/, pennadepennades/, et voltigemens frisques
Que la faisoit la noble compaignie
Il ne fault iaja aussi que ieje le nye
Les motz plaisans de Ragot ce belistrebellistreRagot.
150Qui triumphoitfaisoit rage de prescher au popitre
Brief IupiterJupiter le festin PeleusIupiterJupiter. PeleꝰPeleus.
NeNi fut point tel/, ou tant de peine euz
AÀ desmeller le sort/, ieje men recorde/,
De ce mangercelle pomme/, que la gecta discorde.Pomuz aureuz. Discordia.
155Le grant festin /, si ne faulx aà mon esme
Que iadisjadis fist Louys roy unziesmeLe roy Loys.
Quant espousa la seur du roy Angloysangloys
Ne fut si riche/, au sceu de toustesmoing tous les FrancoysFrançoys
Qui ont congneu lung et lautre bancquetbanquet.
160Mais que me vault IuppinJuppiniuppinjuppin si long caquet
Il me suffist pour taduertiradvertir en somme
De te narrer quoysquois dire aà vngung homme
Que tous ces dieux que si fort tu demandes
Ne chercheront plus tosttoust ta haulte bende
165Que vers LorroysLorraine neussent faitfaict vngung voyage
AuecquesAvecques marsMars et le sien equipageequipaige.
Doncques seigneurAÀ ceste couse ne te vueille martirmarryr
Si lamytieamytié ilz veullent conquerir
De celuycelluy la/, qui les peult ayder
170Et qui pretend aà ton bien succeder.
Cest ce que scaysçay pour ceste heure mon pere
De ta cateruecatervecaterne et cohorte supere
Excuse moy se ieje te faitz closture
En cest endroit de la mienne escripture
f. Fvi v°
175Il me suffist de te dire en ma lettre
Qui cy tu vneillevueillevueille escullapeEscullape transmettreAesculape.
Pour vneune dame or mettreremettre en guerison
Qui par malheurfortune se gist en la maison
TresfortTresffort malade/, accident le causamerueilleMerveille.
f. xxv v°
180Qui au plancherplencher fractement imposa
Parquoy en bas cheut malheureusement
Vueille pourueoirpourveoirpouruoirpourvoir la guerir vistement
Perte seroit se par si grant malheurmallheur
Elle portoit longuement sa douleur.
Fin de la quinziesme epistreDabit Deus