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  • La Penthaire, 1531
  • Les Epistres veneriennes, 1532

La .xvii. EpistreLettre enuoyeeenvoyée par lacteur aà samyesa mye.

Conforte toy mamye et tesiouysesjouys
Si maintenant de moy tu ne iouysjouys
Et si ieje faitz icy longue demeure
f. xxviii v°
AyesAye lespoiresperance quil viendra vneune heure
5Plus briefuementbriefvement peult estre que ne pense
Que ten feray vallable recompense
Quant par vertu te congnoistray ouurerouvrer
Ce que scauoirsçavoir sinon par esprouueresprouver
IeJe ne pourroys, lespreuueespreuve, est souffisantesuffisante,
10Si tu chastelchaste eses chaste/, faisant de moy attante
Si te regis en ta pauurepauvre maison
De moy absentEn mon absence selon dieuDieu/, et raison
Non seullement en acquerras louenge
La ou tu es/, mais en pais estrange
f. Iv r°
15Ou tu seras extimeeextimée grandement
GouuerneGouverne toy donc vertueusement.
De ce bon bruyt acquesteur te sera
Mon long seioursejour qui plus te causera
Dhonneur que si iejete faisoye demourance
20Incessament auecavecquesauecquesavecques ta presence
Dont vint iadisjadis queQui fut la cause :, dont fut enuelopeeenvelopéeenneloppeeenveloppée
De tout grant bruyt si fort PeneloppeePeneloppéePenelopeePenelopée.
Ce futfeut pourtant que chaste fut son corps
Tant que UlixesvlixesUlixes son mary fut dehors
25Lequel iamaisjamais se aà Troyeaà Troye se iamaisjamais neust esteesté
AÀ peine fustfeust congneue sa chastetechasteté
Mamye ainsiAinsi mamye se tousiourstousjours ieje faisoye
Mon demeurerMa demourance quelque part que tu te soye
On ne scauroitsçauroitscaroitsçauroit si delotzde lotzde lotz seroys digne
30Mais de prudence estcest vngung apparent signe
Quant vneune femme vngungdu sien mary absent
Se regist myeulx que sil estoit present
IeJe te prometz que de dieuDieu est aymeeaymée
Et grandement merite estre extimeeextimée
35Quant a en soy consideration
De bien menerconduyre sa bonne intentionintetionintention.
La raison est/, car sont fragilles femmes
Et stables peu/,inconstantes tant des corps que des ames
f. xxix r°
QueLa leur nature aà cela les conduyt
40Que dessus tout elles ayment leur deduyt
Et ne leur chault dauoiravoir honneur souuentsouvent
Mais quayent ce quellesquelles ayent ce qui vont poursuyuantpoursuyvant
Parquoy dautant que malle est leur nature
Si lune veult ensuyureensuyvredelles aulcune veult suyuresuyvre la droicture
45Et quelle tache auce naturel estaindre
f. Iv v°
Pour aàce bien faire en ses faitzpeiner/, et se contraindre
Tresdigne elle est de fameElle merite louenge merueilleusemerveilleuse.
IeJe te supplysupplye que tu soys tant heureuse
Par ton bien viurevivre de vngungtel bruyt acquerir
50QnQu’encores viueviveviuesvives apresaprès le tien mourir
Comme si fussefusses en tes membresdedans ton corps viuantevivante
Si mes proposma doctrine tu veulx estre suyuautesuyvantesuyuantesuyvante
Tu congnoistras enuersenvers toy mon vouloir
Qui ne vouldroit te mettre aà nonchaloir
55Pour quelque temps que soyssoye de toy priuayprivay.
Tiens pour tout seurSoys asseureeasseurée que tousiourstousjours ieje suyuraysuyvray
La voye premiere en toy iajaque iaja ijay commenceecommencée
Cest que seras dame de ma penseepensée
Dame du corps/, des actes/, et du cueur
60Tant que ijauray vngung seul brain de vigueur
Il ne fault iaja plus long escript enten faire
Tu scayssçays comment ne te vouldroys meffaire
En chose aulcune aà moumonmon propre escient
IeJe te pryprye doncq comme suis patiant
65De demeurer si long temps loing de toy
Que patiante aussi tu soystu soys aussi de moy
Et si ne peulx pour ta nature tendretandre
AÀ mon prierma requeste bien parfaictement tendre
Au dieuDieu puissant aye tout ton recours
70Par qui auras en tes ennuytz secours.
IeJe suis certain (cest dont me faitzfaictz pitiepitié)
Que tu as en moyme portes si entiere amytieamytié
Que ne scauroyssçauroys te garder de pleurer
f. xxix v°
Me voyantvayantvoyant loing de toy tant demeurer
75Car tu mas dict par bouche et par escripre
Que tu portoys vngung merueilleuxmerveilleux martire
f. Ivi r°
Pour le doubterla grant doubte quauoysavoys de ma santesanté
Quant ij’estoysestoye loing de ton corps absenteabsenté.
IeJe te concede estre vngung tresgrantque cest vngung hault tourment
80AÀ vneune femme aymantequi ayme loyallementloyaulment
De sontsonson amy la santesanté ne scauoirsçavoir
Si la vouloys ton cueur tousiourstousjours auoiravoir
EuidentEvident est quen trop grande douleur
Maintiendroys de ton corps la valeur
85Tu maisMaisMais il ne fault tresfortsi fort ty amuser
Que tu ne vueillevueilles en iesucristJesucrist pouserposer
Le plus souuentsouvent ton doubteulx pensementpansement
Lequel te peult donner allegement
Du grant ennuy/, que pour moy tu supporte.
90IeJe te pryprye doncq quauecqavecq luy te conforte
En esperant que vers toy ieje reuiennerevienne
IeJe te requiers aussi quil te souuiennesouvienne
De celuy la/, qui tescript ceste lettre
Qui son amour tant en toytontoy voulut mettre
95Que sans en faire vngungsi prolixeprolixes propoux
Sest pour iamaisjamais accordeaccordé ton espoux.
Faisant la fin priray dieuDieu nostre sire
Quil timpartisse autantcella que tu desire
AuecqAvecq santesanté et deue conualescenceconvalescence
100Tant que seray mamye en ton absence.
Fin de la .xvii. epistre