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  • Les Complainctes, 1530
  • Les Epistres veneriennes, 1532
f. xcviii v°

La .xxvi. epistreEpistre de lesclaueesclave fortunefortuné aà samye.

VoulantVoulãtVoulant tescripre/, aà terredede ma mainmaĩmain cheut ma plume
Considerant tonton cueur plus dur quenclume
Mais vray amour me fist prendre vouloirvoulloir
De ta durtedurté bouter aà nonchaloirnonchalloir
5Me suppliant ma puissance reprendre
Pour ma penseepensée au long te faire entendre/.
De te prierrescripre ma dit que ne doubtasse
Mais que vneune lettre au fort ij’auenturasseaventurasse
Et quil croioyt que pour mon amytieamytié
10Ta cruaultecruaulté se muroit en pitiepitié.
Doncques voulantvoullant luy rendre obeissance
Comme ieje peulx reprins force et&et puissance
Pour tenuoyerenvoyer, damoyselle muable/,
Ce mien escript dolantdoullant/, et&et pitoyable
f. xlix r°
15IeJe te supplysupplye, vueillesveuilles pour moy tant faire
QuequeQue descouter mon lamentable affaire
Lequel tescriptz par amour inciteincité/,
Comme ij’ay iaja cy dessus reciterecité.
Tu scez tresbien, pointnepoint nepoint ne te le fault dire,/,
20Le grand tourmentLa grande peine/, le penible martiremartyre
QuquQuay soubtenusoutenu abuseabusé de ta face
En pursuyuantpursuyvantpoursuyuantpoursuyvant le seul don de ta grace/,
IeJe tay aymeeaymée autantsi fort/, et tellement,
Que ma personne en a prins detriment
f. xcix r°
25Tant de santesanté que de conualescenceconvalescence/,
En esperant de toy la iouyssancejouyssanceioyssancejoyssance :,
QuiquiQui de par toy voyant mon entreprise
Me futfeut sans faille alors par toypar grant sermẽtserment promise :
QuiquiQui me causa en plaisance repos
30Me confiant en ton ferme propos :
Mais ton promista promesse na sorty son effect :
Dont ieje suis mat/, :, desconfit/ : et deffaictdeffect/, :,
Car pour quelcunvngung aultre qui nest plus queque moy ange
De ma personne astu as faict vngung faulx eschangeeschange
35Et par propos decepuansdecepvans suborneesubornée
EstestEst ta promesse aà aultruy retourneeretournée.
Ainsi du tout ieje suis habandonnehabandonné :
Meusses combienCombien que meusse ton serment iaja donnedonné :
EtetEt moy qui feuz en ton cueur tant auantavant
40Mais mis au loingderriere pour nouueaunouveau poursuyuantpoursuyvantpoursuyuãtpoursuyvant
Bien te disoysdisoye quen ce point maduiendroitadviendroit
EtetEt que vneune foys mon lieu aultre tiendroit
Quant me faisoys tant de belle promesse
Que me serois sans fin ferme maistresse :
45Et que iamaisjamais ne murois ton vouloirvoulloir
Pour aultre aymer/, :, qui plusplꝰplus meust peu valoirvalloir :.
IeJe congnoiscongnoys bien que ieje prenosticquoye :
Astheure la que cecy te disoye :
« Vous changerez et ne serez si ferme » :,
f. xcix v° f. xlix v°
50Parquoy mon oeilœil en gette mainte lherme
Considerant que ta simplicitesimplicité/,
EstCest le motif/, dont ieje ditz veriteverité :
SimpliciteSimplicité/, :, laquelle en toy repose :
Ma faict chasser/, :, si dire ieje te lose :
55PourcepourcePource que pensepensez estre de grant valeurvalleur
Tout hommeToute personne qui est tresplaisantplaisant parleur
Et qui te faict de sa langue habandon
Te promettant aà tous propos vngung don.
Cest vngung abus dauoiravoir en tous fiance,
60Car ce nest fors des aulcuns decepuancedecepvance
AÀ tous quartiers/, :, aà&et tous heurs veullent tendretandre
Le femininpourPour damoyselles de leur gergongorgon surprendresurprandre
Et puis surprinssurprinses/, :, sen mocquentmocquer en derriere :
Vela ou gist leur voluntevolunté entiere.
65AÀaÀ ce proposproupos ieje faitz fin :, pour te dire :
Que ieje ne veulx daulcun pourtant mesdire
Mais si me croys te tiendras sur ta garde
Car vngung argusArgus plus que vngung aultre regarde
Te suppliantsupliant pour la fin de ma lettrelectre
70Que tu me vueilleveuilles en ta grace remettre
Comme celuycelluy qui oncques ne fist vice
AÀ te donner continuel seruiceservice :,
Et qui ne quiert autreaultre bien en ce monde
Que tobeyr ende penseepensée pure et munde.
f. c r°
75Se tu me faitz ce bien ieje te prometz
Que ieje lairraylerray et viandes et&et metz
Pour te seruirservir/, :, sans y faire seioursejour. :.
Quant tu vouldrasaÀ toutes heures soitsoyt de nuyctnuict ou de iourjour :,
Daussi bon cueur et peutpeult estre meilleur :
80QuequeQue ne feroit vngung plus grand en valeurvalleur :
Et qui seroit de toy plus extimeextimé :
AÀ dieuDieuadieuAdieu te ditz/, :, ij’ay trop long temps rimerimé.
Fin de la vingtsixiesme epistre.