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- Les Complainctes, 1530
- Les Epistres veneriennes, 1532
La vingthuytiesmeAultre epistre aà vneune dame.
Or pleustPlusist aà dieuDieu que ij’eusse la science
Le haulxhaulthault scauoirsçavoir/, :, et l’heureuse eloquenceelloquence
Qu’auoitavoit iadisjadis demosteneDemostene orateur
Ou Ciceron son seul imminateurimmitateurimitateur
5Que bien ieje puissepeusse ainsi qu’eulx suadercomme eulx persuader
Et que ma lettremes lettres il te pleust regarder,
Certes m’amourm’amye ieje mettroys plus souuentsouvent
Ancre/, papier/, et missiuesmissives au vent
IeJe t’escriproys tous les ioursjours milles foys
10Plus que n’ay faict/, et qu’asteureastheure ne foys
Car ieje cuidroyscuidroye, de cella bien me vante,
f. li v°
Par mon escripre/, :, et lettre assez frequente
AÀ cil aymer le tien cueur conuertirconvertir
Qui est pour toy beaucoup plus que martyr.
15Mais pour autant que ieje congnois tresbien
Point n’estre en moy langaige neny entretien
Fors tout remply d’inscauanteinsçavante rudesse
Dont ieje pourroyspourroye plus facher ta noblesse
Que bonnement l’auoiravoir et conquerir,
f. cxi v°
20Plus ton hayne que t’amour acquerir,
IeJe n’ay ozeozé par cypar cy deuantdevant te faire
Bien assauoirassavoir l’estat de mon affaire
NeNy te mander importablel’importable douleurdoulleur
Que pour toy asouffre ma petite valleur,
25Et combien que de faict assez ieje saiche
Que mon scauoirsçavoir par sotise ieje caiche
QuequeQue ne te mande/, :, ou bien facefasse scauoirsçavoir
QuellequelleQuelle doulleur pour toy ieje puis auoiravoir,
Ce neantmoinsneantmoings AmouramoursAmours m’a si souuentsouventsouuantsouvant
30Mis ta valleur/, :, et doulceur en auantavant,
M’a tant promis qu’en toy ieje trouueroyetrouveroye
Aulcun mercyMisericorde se ieje te requeroye
N’ay differay de prendre l’hardiesse
En ensuyuantensuyvant l’effect de sa promesse,
35Voyant aussi le bien quequi en toy repose
De te prier, ij’entends par lettre close,
De tost voulloirvouloir aà celuy subuenirsubvenir
QuiquiQui ton seruantservant est vouluvoullu devenir
Et qui ne peult, pour mon propos ensuiureensuivreensuyureensuyvre,
40Sans ton secours vneune seulle heure viurevivre..
Et qu’il soit vray, regarde bien son estre,
AÀaÀ sestes faconsfaçons tu le pourras congnoistre
Car si au long tu contemples sa face
Tu trouuerastrouveras que grantgrand ennuy l’efface
45Et que soulcy desplaisant et fort aigre
f. cxii r°
ContraintContrainct son corps aà s’entretenir maigre..
Prens doncq esgard aà ma languissante amepitie de ma paourepaovre ieunessejeunesse
QuiquiQui se termine en chagrin et tristesse
N’eusseeuse plus tant de fiere cruaultecruaulté
50Il n’appartient aà si grande beaultebeaulté
D’estre feroce ainsi commecomme les animaulxanimaux
Seullement plains de irraisonnablesIrraisonnables seullement plains de maulx
Qui ontn’ont nature entierementsinon rude et cruelle
Veu que tu es comme ieje suis mortelle,
55Et comme moy ta beaultebeaulté feminine
Terminera Atropos/, qui tout mine
Car d’aultre caschose n’as esteesté faicte en somme
Fors de la chair subiectesubjectesubgecte aà mort de l’homme.
Si tu es riche/, et auecquesavecques ton bien
60AyesAye trop plus que ieje n’ay d’entretien
Si tu belle eses belle tant de corps que de face
Et plus que moy tu aye bonne grace
Ce nompourtant tu ne doibs despriser
Cil qui ne quiert sinon de te priser
65Qui pour toy veult toute sa liberteliberté
Mettre aàen despris/, Etetet ton humanitehumanité
AÀ tout iamaisjamais pour dame retenir,
Qui a voulu ton seruantservant deuenirdevenir,
Qui d’aultre aymer n’a talenttalend ny enuyeenvye
70Tant que sera son mortel corps en vie.
Regarde doncq ieje te prie humblement
f. cxii v°
Ma fin/, mon faict/, et mon commencement
Voy la doulleur ouoù ieje me suis boutebouté
Pour trop aymeraimer ta doulceurdoulleur et bontebonté
75IJ’en suis percluz/, au moinsaumoings fol aà demy
Et si n’ay point plus cruel ennemy
Que toyta personne/, qui m’esm’est fiere/, dure &etet rebelle
IeJe n’en visvys oncqoncques vneune semblable/, ou telle
Veu que si quiers te cherchercercher/, tu me fuytzfuitz
80Si ieje te pryprye/, tousiourstousjours tu m’esconduytzesconduitz
Et pour t’aymer me hayshaitz mortellement
f. lii v°
Qui sont la cause causanteles causes causantes mon tourment.
IeJe m’esbahisesbahys comme aà si grantgrand beaultebeaulté
Dieu a voullu infonderinfunder cruaultecruaulté,
85Comme vneune femme ende bien tant assouuieassouvieassouuyeassouvye
N’a point mercypitiepitié d’ung homme / qui desuyedesvye
Pour son amour/, du chemin raisonnable
Trop sus ma foy es dure et implacable,/,
Pardonnes moy ma damemadame si t’appelle
90ImpitoyableImpitoiable aà present/, dure/, malle/, et rebelle
Car la doulleur que ieje sens plaine d’yre
MaulgreMaulgré mes dens me contrainct aà ce diredyre.
IeJe suis contrainctcontraint ta personne oultrageroultraiger
Pour le trauailtravailla tristesse qui me faict enragerenraiger,
95QuiLaquelle fin iamaisjamais aà peinene pourra prendre
S’il ne te plaist sur moy ta grace estendre
En me donnant/, et aà ma passion,
f. cxiii r°
Quelque secours/, ou consolation
IJ’entends secours/, escoute bien mon mectre
100Par tel moyenEn telle sorte que tu vueilleveuille commettrecommetre
De quelque part que desriuedesrive le vent
Mon bon vouloirvoulloir/, pour estre ton seruantservant
QueAffin que puisse par ta grande valleur
Me retirer de ce ptteulxpiteulxpiteulx malheur
105OuOù iusquejusqueiusquesjusques au col ieje suis mis et plongeplongé
Pour auoiravoir trop en ta face songesongé
Laquelle prie/, et&et requiers humblement/,
VouloirVoulloir me oster de ce mal briefuementbriefvement
Qui me coutrainctcontrainctcontraint en cest endroit fin mettre
110AÀ ma prolixe/, :, et assez sotte lettre
Touteffoys que deuantdevant qu’en faire fin
Supplier veulx iesucristJesucristiesuchristJesuchrist de cueur fin
De te donner lassus l’eternel viurevivre
Quant tu seras de mort quicte et&et deliuredelivre.
Fin de la .xxviii. Epistre.Souffrir et souuenirsouvenir
