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  • Les Complainctes, 1530
  • Les Epistres veneriennes, 1532
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La .xxix. Epistre aà CupidocupidoCupido.

DEDeDe tous Aymansaymans conducteur autenticque
Gentil Amoursamours, de Venusvenus filz vnicqueunicque
Regarde icy :, et voy ce que te mande
Tu trouuerastrouveras quaà toy me recommande
5AutantautantAutant de foys que bien il mest possible
Pour amollir ton vouloirvoulloir inuincibleinvincible
Lequel ieje pryprie/, :, mais cest treshumblement
DedeDe me donner en brief allegement
Ou aultrement ieje ne scaysçay que ieje facefasse
10Car sans secours dueildeuil la mort me pourchasse
Ennuy me tient/, tristesse me charrye
Parler ne puis tant ma langue est marrye
Melencolye a tant mon corps estraint
Que de tescripre aà presentmaintenant suis contrainctcontraint.
15Amours quil plaise aà ta haulte noblesse
De menuoyerenvoyer icy dame Lyesselyesse
AuecqAvecq Soulassoulas son loyal chamberlant
Qui ne futfeut oncqoncques aà te bien faire lant
AÀ celle fin que par son reconfort
f. cxvi v°
20Mon foyble corps reuiennerevienne encores fort
Et que ieje puisse hors mettredesloger de mon cueur
Ste faulcefaulse vieille/, :, et rechineerechinée doulleur
Qui son logis y print de ce temps la
Que ma Maistressemaistresse aà moy plus ne parla
25Et quelle mist du tout aà nonchaloirnonchailloir
Le mien entier enuersenvers elle vouloirvoulloir
Me demonstrant par faconfaçon bien estrange
Quelle vouloitvoulloit de moy faire vneung eschange,
Ce quelle a faictfait, ou ieje suis bien deceu,
30Car quelque fois ieje men suis apperceu
Qui est aà moy trespiteuse aduentureadventure
Veu que cestoit la seulle creature
f. liii v°
Ou ij’auoysavoys mis par ton consentement
Corps/, et :, esperit/, :, cueur et entendement :,
35Pour me donner quelque iourjour allegence
En ma misere/, :, et triste doleancedolleance
En esperant me porter amytieamytié
Pour sa bontebonté et tresgrande pitiepitié
Mais lesperance en elle queque tant bonne ij’ay eue
40Ay bien trouuetrouvé de petite valuevallue
Car le rebourscontraire de ce que vray pensoye
Est aduenuadvenu/, :, dont souuentsouvent ieje lhermoye
Et me complains dauoiravoir perdu la grace
De celle la qui toutes autresaultres efface
45Par qui cuidoyscuydoie de ioyejoye estre soullesoullé
f. cxvii r°
Et en mon dueildeuil chery et consoulleconsoullé.
Delle exstimoyeexstimoie, amoursAmours tu le scez bien,
Que tant voulustvoullust abesser lestat sien
Et son bon cueursa noblesse si bas humilier
50Quaà mes proposparolles luiluy plust son cueur ployer
Par tel moyenEn tele sorte quen derrierederrie et deuantdevant
FusseFeusse tenu son tresloyal seruantservant
Ce que na faictfait/, mais comme desloyalle
ApresAprès que ij’ay la cause principalle
55De mon amour aà elle declairedeclairé
Son cueur de moy a du toutTotallement son cueur a separeseparé
Et estouppeestouppé ses oreillesaureilles tresbelles
Pour plus ne oyr mes piteuses nouuellesnouvellesquerelles
Desquelles, lashelas, nomplus elle faict conte
60QuequeQue dung coquin vngung empereur/, ou conte
Dont ieje languiz/, et sus mes piedz ieje seiche
Comme en esteesté au soleil freiche seiche
Et si ne scaysçay deuersdevers qui me tirertyrer
QuiquiQui eust pouuoirpouvoirla force de ce mal me tirertyrer
65Fors deuersdevers toy amoursAmours qui as puissance
De mettremetre fin aà ma dure meschance
Et me donner en ceste passion
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Bon reconfort/, et consolation
Parquoy te pryprye sans faire longue pause
70Bien entendu tout leffect de ma cause
QuequeQue deuersdevers elle enuoyeenvoye tostveuille enuoyerenvoyer messaige
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Pour luy tournerinduyre son impitieulximpiteulx couraige
AÀ cil aymer qui veult sien tousiourstousjours estre
Et la seruirservir comme vngung valetvallet son maistre
75AÀaÀ celle fin quelle voyeveoie et regarde
QuquQuaà me donner secours trop elle tarde
Veu les tourmens ou par elle suis mis
Qui le meilleur suis de ces bonsSans quelle pense que soys de ses amysamis
En ce faisant contraindras mon pouuoirpouvoir
80AÀaÀ obeirobeyr aà ton iustejuste vouloirvoulloir
EtetEt acompliraccomplir en tout temps et saison
Ce que vouldras me imposer par raison.
AÀ dieuDieuAdieu amoursAmours fin feray aà ma lettrelectre
Te suppliant de vouloirvoulloir peine mettre
85AÀ cella faire / , aà present dontdont maintenant te prie
Me remettant en lamour de mamye
AÀ qui vouldroys, de cella te faitz seur,
SeruirServir autant comme aà ma propre seur.
Fin de la vingtneufuiesmevingtneufviesme epistre.