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- Repérer les variantes
- La Penthaire, 1531
- Les Epistres veneriennes, 1532
LeditLedict acteur aà monsieur Georges de CrequycrequyCrequy seigneur de rissay.
Ung pourepovrepauurepauvre EsclaueEsclaveesclaueEsclave ende la maison d’amboyseAmboyse
AÀ qui par trop mal/, et pouressepovressepauuressepauvresse poyse
ViẽtVientVient deuersdevers vous vostre secours requerre
IeJe vous requierssupplye qu’escõduytesconduytesconduyt ne s’en voyse
5Ains faictes luy reception courtoisecourtoyse
f. lxxii v°
Et le vueillezqu’il vous plaise des vostres le conquerre
Il a suiuysuivy le train de paix/, et guerre
Soubz l’escussonarmoirie de voz predecesseurs
C’est cas tout vraychose vraye/, vous en pourrez enquerre
10Et trouverez que maintz en sont bien seurs.Et trouuereztrouverez que maintz hommes en sont seurs.
Premierement monseigneur le grant maistre
Qui fut vostre oncle/, et de qui tiens mon estre
Me fist venirconduyre des Italles en Franceenfance
Pour seullement auecquesavecques son filz estre
15AuecAvec lequel on m’a bien peu congnoistre
Quant nous estions/, l’ung/, et l’autre en enfance
En sa maison ieje fisfeis ma demeurance
IusquesJusques au tempsaà l’heure qu’il mourut aà PauiePavie
f. Eviii r°
Las quant aà luy parfaictement ieje pense
20OÔ pleustPlusist aà dieuDieu qu’il fustfeust encore en vie.
Ton nom portoit/, d’ambroyseAmboyse le surnom
Qui eust acquis sans mort plus grant renom
Que n’eust iamaisjamais le puissant alexandreAlexandreAlexandrealexanderAlexander magnusMagnus.
Homme n’y a/, qui osast dire : non/,
25Car c’est parler plus vray que droit canon
De plus haulx faitz on l’eust veu entreprendre
Se n’eust esteesté que dieuDieu le voulut prendre
Pour decorer le diuindivin firmament
Plain de bon cueur ne voulut oncq se rendre
30Tant son honneur ayma parfaictement..
Sa mort monsieur me fist vneune blesseure
Qui n’est guarye encor ieje vous asseure
Et si ne scaysçay quant guarir se pourra
IeJe touteffoys quelque peu me rasseure
35En congnoissantCongnoissant certes que la vostre facture
Misericorde auoiravoir de moy voura
Las aultrement ne scaysçay comment pourra
Moyen trouuertrouverTrouuerTrouver remede ma playe inguerissable
IeJe vous requierssupplye (ou mon corps en mourra)
40Que me soyez begnin/, et charitable.
Depuis sa mort pour trouuertrouver guarison
f. lxxiii r°
IeJe m’en allay tout droit en la maison
De vostre tante or damemadame de ligniereLigniere
Qui me receut sans prolixe oraison
45ApresAprès auoiravoiranoiravoir escouteescouté ma raison
Benignement d’une doulce maniere
f. Eviii v°
Et me donna de grace singuliere
ConsollementConsoloment d’une iaulnejaulne racine
Dont a le bruyt d’estre large aulmosniere
50Qui me vallut trop plus que medecine..
Mais non pourtantnompourtant fut guerie ma douleurdoulleur
Car accident de ma santesanté tolleur
Et qui vouldroit m’auoiravoir creuecrevé les yeulx
Me fist oster par vngung meschant malheur
55Ce iaulnejaulne ongnentonguentonguent ouoù gisoit ma valeurvalleur
Et qui m’estoit tant bon et gracieulx
Parquoy encorencores blesseblessé vers BarbezieuxbarbezieuxBarbezieux
Me retiray/, et fuz tant orateur
Que ieje fusfeuz mis en cesses places et lieux
60De son espouse vngung loyaltresloyal seruiteurserviteur..
IeJe fusfeuz quatre ans aà luy donner seruiceservice
Sans perpetrer ny commettre aulcun vice
Dont tollerer ieje meritasse blasme
Et la seruisservis/, fault il que ieje le disse
65IusquesJusques aà tant qu’amours me fist nouissenovisse
D’une personne apresaprès que prinsque ij’ay prise pour femme
Pour qui laissay monseigneur/, et ma dame/,
Me retirant en mon pourepovre repaire
OuOù ij’ay esteesté ieje vous prometz mon ame
70Neuf moys entiers auecquesavecques le sien pere/.
Mais pour vous dire/, aussi lemonsieur vous scauezsçavez bien
Que quant au boys le loup ne treuuetreuve rien
Se mettre aux champs malle fain le contraint
Ainsi malheur de l’heritaige mien
f. Fi r°
75M’a faict sortir pour m’en venir au tien
ChercherCercher ayde/, de pouretepovreté attaint
f. lxxiii v°
Par indigence or suis jeieje suis presque estaint
Regardez moy de voz yeulx de pitiepitié
Et m’aydez ainsi que faictes maintmainct
80Dessoubz vostre ailleaylle oumis tout/, ou la moytiemoytié.
IeJe ne scaysçay pas aà qui me recourir
Qui si acoup me puisse secourir
Si n’est aà vous seigneur humanissime
IeJe vous requiers ne laissez cil perir
85Que voz parensancestres n’ont desdaignedesdaignédesdeignedesdeigné nourrir
Combien qu’il fust aà leur haultesse infime
Et plaise aussi aà vostre vueil sublime
Me retenir pour vostre seruiteurserviteur
AÀ celle fin que malheur ne m’abisme
90Qui de long temps est mon persecuteur..
