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- La Penthaire, 1531
- Les Epistres veneriennes, 1532
Le .iiii. Propos fantasticque enuoyeenvoyéLedict acteur aà des damoyselles par ledict Acteurenuoyeenvoye ceste fantasie.
LELe lendemain que ieje vous euz laisseeslaissées
Ung samedy aà chaulmontChaulmont bien lasseeslassées
D’ung chariot que l’on nommenõmenomme branslant
IeJe m’en alloye en moymesmemoymesmes parlant
5Des bõsbons acueilzbõnesbonnes graces/ qu’en voꝰvous ieje congnoissoiecõgnoissoyecongnoissoye
Et en iceulxicelles mes penseespensées repaissoye
Comme celluy/, qui pour passer sa fain
Au bon fumerAÀ la fumeefumée du rost mange son pain
Mais pour garderaste cause que ieje ne m’en soulasse
10Le vil malheurDame fortune voulut que ieje trouuassetrouvasse
Entre Coeffy/, et le bourg de IussayJussayiussayJussay
VngUng mur raisin/, dont la liqueur sussay
Qui ne me fut au goust/, si precieuse
Que la doulceur de voz corps gracieuse
15Car le sussant foible mon cueur deuintdevint
Par tel moyenEn telle sorte que coucher me couuintconvint
Comme pasmepasmé aà l’ombre d’ung buysson
Ayant au cueur merueilleusemerveilleuse frisson.
Quant ij’aduisayadvisay mes membres deuantdevant sainssaintz
20Mallades tantSi fort mallades/, pryepriay dieuDieu et les saintzsainctz
De vouloirvoulloir prendre vngung mercy de monmercy de ma pourepovre ame
f. lxviii v°
Et n’obmis pas supplier nostre dameDame
AÀ celle fin qu’obtinse guarisonguerison.
IeJen’euz si tost fineefinée mon oraison
25Que ieje ne visse empresemprèsdeuantdevant moy SouuenirSouvenirsouuenirSouvenir
f. Fii r°
Lequel me fist en santesanté reuenirrevenir
Et trop plus gay qu’auantavant n’auoysavoys esteesté.
Le SouuenirSouvenir de vostre honnestetehonnesteté
Qui de present encores mon cueur mort
30Me garentit pour stheure lalà de mort,
Le souuenirSouvenir de vostre bonne grace
Fist reuenirrevenir la coulleur aà ma face,
Le souuenirSouvenir de la vostre beaultebeaulté
Fist aà mon mal chasser sa cruaultecruaulté
35Et me remist en valeurvalleur si extreme
Que ieje ne fusfuz iamaisjamais du corps plus ferme.
IeJe suis gaillard/, tresalegretresallegre/, et ioyeulxjoyeulx
Oncques plus sain ne fust regarderegardé d’yeulx
Et par auantavant on me veoit mourir
40Benoist de dieuDieu soit vostre souuenirsouvenir.
OÔ SouuenirSouvenirsouuenirsouvenir begnin et amyable
Amene doulx suauesuave/, et delectable
Quel grant pouoirpovoirQuelle puissance/, quel secours en toy estre
Tu m’as donnedonné aà ce coup aà congnoistrecongnoistcongnoistre !
45OÔ SouuenirSouvenirsouuenirsouvenir aà moy transmis de DieudieuDieu
Doulx SouuenirSouvenirsouuenirsouvenir procedantproceddant de tel lieu
Bon SouuenirSouvenirsouuenirsouvenir de si nobles Pucellespucellespucelles
Qui au besoing ton ayde ne celles
Secouru m’as tresbien aà ce coup cy :
50Tu m’as boutebouté hors de mortel soulcy
Et m’as remis au corps conualescenceconvalescence
Pour parfournir mon chemin vers amanceAmance
OuOù ieje tiray apresaprès cestuy parler.
Nobles de meursMes damoyselles ieje vous iurejure par l’air
55Par le hault ciel/, par l’eau/, :, par la terre
Que maintenant sans vous ieje fussesans vous aultres ieje fusse astheure en terre,
f. lxix r°
f. Fii v°
Qui tel confort m’a donnedonné ieje ne scaysçay
Mais ieje suis seur/, sans auoiravoir faict l’essay
Que trop plus grant plaisir on trouueroittrouveroit
60En voz beaulx corpspresences/, qui tousiourstousjours les auroity seroit,
Et puis que tant a/, et tient de puissance
L’honnestetehonnesteté de vous en vostre absence
IeJe cuyde certecertes vngungque trop plus grant pouoirpovoirpouuoirpouvoir
Pour secourir vostrepeult la presence auoiravoir.
65Combien ceulx lalà sont grandement heureulx
Qui ont tousiourstousjours le regard de voz yeulx
Qui ont ce bien/, et ce contentementcontantement
D’auoiravoir tousiourstousjours de voz corps santement
Ilz ne pourroient auoiravoir mal ny douleurdoulleur
70Et n’oseroit les assaillir malheur
Ilz ne scauroientsçauroientscaroientsçaroient par mort estre finiz
Tant voz pouoirspovoirspouuoirspouvoirs sont gransgrant et infiniz
IeJe puis tenir par bonne experienceexperiance
Que vous pourriez (/(et telle est ma fiance)
75Ressusciter vngung homme mort en vie
Si de le faire il vous prenoitprenoyt enuyeenvye,
Que vous pourriez du ciel faire descendre
Chascun des dieuxDieuxdyeulxDyeulx pour voz souhaitz en prendre,
Que vous pourriez mille vertus obmise
80De tout agir selonle monde faire aà vostre deuisedevise
Tant ont pouoirpovoirsont puissantes les vostres bonnes graces
Ausquelles veulx rendre treshumbles graces
Et mercimens aà genoulx et mains ioinctesjoinctes
Du bon secours que m’ont faict en mes plainctesplaintes
85Vous faisant bonne et tressure assurance
Vous en donner et faire recompenserecompance
Non telle au vraycertes que vous la meritez
f. Fiii r°
Ains que pourront mes simples habilitezhabillitez
Qui rares sontsont si rares/, et de si peu d’effaict
90Que bien petit vous sera satiffaictsatisfaict.
Fin ieje feray aà mon long parlement
f. lxix v°
Faisant aà dieuDieu treshumble supliment
Vous maintenir si iolymentjolymentiollymentjollyment aà point
Que tousiourstousjours soitsoyt gaillard vostre en bon point
95Et que puissiez dedans bien petit temps
Faire de vousDe voz corps faire voz seruiteursserviteurs contenscontans
Ainsi que vous/, et eulx le soubhaitezsouhaittez
Selon l’effect de vozEt qu’en sont dignes les vostres honnestetez.
C’est assez dict/, aà dieuDieu ieje vous commande
100Il ne fault iaja qu’aà vous me recommande
Vous scauezsçavez bien que mon intention
TousioursTousjours faire estEst tousiourstousjours faire recommandation
IeJe ditz trehumbletreshumbletreshumble aux pucelles tresdignesaà cellecelles/ qui sont dignes
Long temps y a que congnoissez mes signes
105Et qu’entendezantendez en cestuy faict ma ruse
AÀ dieuDieu vous ditzmes dames trop long temps vous amuse
Par le tout vostre, oyezieje ditz aà qui qu’en poyse
Que maintes gens nomment Michelmichel d’amboyseAmboyse
Et d’autres maintzbeaucoup d’aultres Lll’esclaueEsclave fortunefortuné
110AÀ mal auoiravoir aà iamaisjamais destinedestiné.
Fin du quatriesme propos fantasticque.
