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- Les Complainctes, 1530
- Les Epistres veneriennes, 1532
Le sixiesme et dernier propos fantasticquePhantasie de l’acteurActeur voyant s’amye malademallade.
f. lxx v°Dieu ApolloapolloApollo de qui la medecine
A prins principe/, origine/, et&et racine
Qui de l’herbettedes herbettes et&et terriens nutrimens
AsA composecomposé premier medicamens
5Et qui en fiz l’ordonnance premiere,
RecoysReçoys ma lhermemes lhermes et&et treshumble priere
f. cxiii v°
Comme feroys de BranchusbranchusBranchus ton amy.
IeJe te supplysupplye ne soys point endormy
AÀ m’octoyeroctroyerm’octroyer ce que ieje te demande
10Au dieuDieu mercureMercure et de bien briefsans attendre commande
Que vittement il se mette en la voye
Pour venir cy/, affin que m’amye voye
Qui vexeevexée estest vexeevexée par vneune fieurefievrefieburefiebvre quarte
Qui le sien corps et iourjour et&et nuytnuict n’equarte.
15ApresAprès celuycelluy faictz venir ton cher filz
Aesculapius/, que tant expert tu fiz
Qu’il reuocquarevocqua de la mort hippolliteHippollite,
Dioscorides en ton art tant pollite
FaitzFaictz auecqavecq luy arraperarrapper son chemin,
20Et GaliangallianGallian qui futfeut tant inhumain
Qu’il fist mourir HippocrashippocrasHippocras son bon maistre,
Ne vueilleveuille aussi en ceste bande obmettreobmetre
Cil CenthaurusCelluy centhaure qui chironChiron futfeut nommenommé
En medecine assez fortsi duyct et renommerenommé
25IeJe te requierssupplye vueilleveuille toy souuenirsouvenir
AuecquesAvecquesauecquesAvecques eulx ne faillir de venir/,
Et amener ceulx lalà d’experience
QuequeQue congnoistras plus promptz en ta science
AÀaÀ celle fin que mis en vnionunion
30IeJe puisse auoiravoir la vostre opinion
Comment pourra sa santesanté recouurerrecouvrer/,
Celle/, aà laquelle or netu mene pourroys trouuertrouver :,
f. cxiiii r°
En ce climatcestuy monde sa semblable en beaultebeaulté
Ne qui plus ayt de foy et loyaulteloyaulté
35QuiquiQui est ainsi que t’ay ditdict tormanteetormantée.
f. lxxi r°
Ne plains ce faictta peine/, :, car quant l’auras anteeantée
EtetEt en santesanté par tes ars faict venir
Tu n’en vouldroysvouldrois tout le monde tenir/.
Si les preditz n’ont pas tant de scauoirsçavoir
40Que sa santesanté elle puisse rauoirravoirquQu’ilz puissent faire que sante saiche auoiravoir :,
FaulteFaultFault que tu parleparles aà CircescircesCirces ou MedeeMedéemedeeMedée
AÀ celle fin qu’elle enaffinAffin que d’elles m’amye soit aydeeaydée
D’art magical sont si fort assouuyeassouvyeassouuyesassouvyes
QuqQu’ung homme mort pourroyentpourroient remetre en vie
45ParparPar leur racineleurs racines/, et herbeherbes salutaire
Si cellescelle lalà n’y peullent satisfaire
Ditz aà MaugismaugisMaugis/, :, et aà dame HecattehecatteHecatte
Et que ce dire en brief tempssoit vittement hatte
QuquQu’ilz viennent cyicy/, :, Audulacou du lacandulaeAudulac la maistresse
50PourpourPour aà m’amye oster mal et destresse
Qui sans cesser la tiennentla tormentent sans cesser iourjour et nuytnuict
Si ce voyage aucunementaulcunement leur nuytnuyct
EtetEt qu’ilz ayent crainte aà pied venir icy
Il te plaira prendre encor ce soulcy
55Leur prochasser chevaulx vitesvittes et legiers
De tes amys priuezprivez et estrangiers
Bellerophon leur fera bien ce bien
AÀaÀ ton requista requeste de leur prester le sien :,
f. cxiiii v°
Qui s’appelloit de nom pegaseusPegaseus
60Qui futfeut conquis depuis par theseusTheseus
S’il ne le veult/, :, ne l’en prends au collet
Mais cil emprunte auau petit PacolletpacolletPacollet
Tresvoulentiers t’en fera habandon
Et pose or qu’il ne t’en facefasse don
65Si tu requiers bien humblement OgierogierOgier
Auras de luy PapillonpapillonPapillon son destrier
Car aà iamaisjamais reffusreffuz ne t’en feroit
Quant la raison de l’embruntempruntemprunt il scauroitsçauroit
Et quant montez ilz seront sans demeure
70AÀ celle fin que m’amye ne se meure
f. lxxi v°
Qu’ilz viennentviennẽtviennent veoir s’ilz pourrontpourrõtpourront rien trouuertrouver
Dont sa santesanté ilz puissentelle puisse sa santesanté recouurerrecouvrer.
S’ilz aymentaymẽtayment mieulx/, et qu’ilz ayent plus cher/,
Voller en l’air/, que par l’air chevaucherchevaulcher
75Ditz aà MercuremercureMercure orla cause aà quoy c’est faire :,
Et tu auras et&et tallairetallaires et gallaire
Pour aà leur ayse acompliraccomplir ce voyage.
Et pour plustost fournir leur equipaigneequipaigeequipaige
AÀ DedalusdedalusDedalus emprunteras ses aelles
80Qu’il fist iadisjadis pour fouyr les tourelles
Du roy MinosmynosMynos qui le mist en prison
Et IcarusicarusIcarus son filz/, :, pour la raison
Qu’il fabricqua aà PasiphaePasiphaépasipharPasiphaé la thaure
Parquoy conceupt le monstre MynothauremynothaureMynothaure
f. cxv r°
85Du blancq thoreau qui estoit aymeaymé d’elle
Il le fera pour ceste damoyselle
Plus vouluntiersvoululluntiersvouluntiers que ne l’en requerras.
IeJe suis trop long ieje scaysçay que trouuerastrouveras
AssezassezAssez moyen pour les faire venir
90Mais ieje ne scaysçay pour faire reuenirrevenir
EnenEn sa santesanté ma damemadame et&et ma maistresse
Que fieburefiebvre quarte ainsivexe :, tourmentetormente :, et&et blesse
DontdontDont ieje suis tant attristeattristé et&et dolantdoullant
Que ieje me meurs en allant et parlant
95EtetEt ne croys pas que briefuementbriefvement ne meure
S’en cest estat long temps elle demeure.
Si les preditz n’y veullent point venir :,
PourpourPour de remede aà m’amye subuenirsubvenir
Faitz y venir ou Morgainmorgammorgam/, :, ou MerlinmertinMerlin
100OuOù celuycelluy qui guerist le roy PellinpellinPellin
Du blessementdeDe la blessure qu’il auoitavoit incurable
EtetEt si nul d’eulx ne luy est secourable
IamaisJamais aà peine elle pourrapourra elle guerir :
PourquoyparquoyParquoy fauldra qu’on m’en voye mourir. :
105Tant suis marry de la veoir en ce point.
OÔ AppolloAppollo ieje te prie metz aà point
Soubdainement tes chevaulx flamboyans
PourpourPour inuenterinventer et&et trouuertrouver les moyens
AuecqAvecq tes filzmercureMercure pour assemblerassambler tous ceulx
110QuquQu’aà te nommer n’ay esteesté paresseulx
f. cxv v°
Et qu’asemblezassemblez murement ilz consultent
EtetEt puis apresaprès qu’ilz opinent et&et discutent
En quelle sorte/, :, et par quelle raison
PourrapourraPourra m’amouramye recouurerrecouvrer guerison
115Et si on veoittrouuetrouve que ne puisse guerir
EtetEt que povoir n’ayentqu’ilz ne saichent comment la secourir
Ditz aà ClothoclothoClotho que ma vie neplus ne fille :,
AÀaÀ lachesisLachesis que tant ne soit ag:lleagilleagille
Que le fillet vueilleveuille plus loing estendre
120Car fin ieje veulx par AtroposatroposAtropos lui rendre
AffinaffinAffin que nontromperont le fillet de ma vie
Mon ame soit de ce monde rauyeravye
AuantAvantauantAvant que veoirveoye le penible trespas
De ma maistresse : ouoù estre ne veulx pas
125Mais auantavant elle/, :, et&et devant que trespasse
AÀ l’eliseeEliséeauxAux eliseesElisées aller faire sa place..
Fin du sixiesme et dernier Propospropos fantasticq̄fantasticque de Lesclauel’Esclave fortunefortuné. Et cy apresaprès s’ensuyuentensuyvent plusieurs aultres petites fantasies faictes par ledit EsclaueEsclave.
